Louer son camping-car, est-ce que c’est rentable ?
Louer son camping-car rapporte en moyenne 3 000 € par an pour 5 semaines de location, de quoi couvrir l’essentiel des 3 000 à 5 000 € de charges annuelles d’un véhicule non utilisé. Reste à calculer la rentabilité réelle une fois les commissions et l’usure déduites.
On fait le point sur tout ça.

Combien peut vraiment rapporter la location de votre camping-car
Le potentiel de revenus dépend directement du type de véhicule, de la saison et du nombre de semaines louées. Les plateformes de location entre particuliers permettent de transformer un poste de dépense en source de revenus, mais les écarts entre propriétaires restent importants.
Le tarif journalier selon le type de véhicule et la saison
Un van aménagé se loue en général entre 70 € et 120 € par jour en basse saison, un tarif qui grimpe jusqu’à 150 € en juillet et août. Les profilés, plus nombreux sur le marché, suivent une fourchette proche : 80 € à 150 € hors saison, jusqu’à 200 € en haute saison.
Les capucines et les intégraux affichent des tarifs plus élevés, entre 100 € et 250 € par jour selon la période. Les modèles intégraux restent toutefois plus rarement loués, car ils exigent un permis poids lourd et représentent une valeur trop importante aux yeux de nombreux propriétaires.
Toutes plateformes confondues, le revenu moyen constaté avoisine 685 € pour une location de sept jours, soit environ 650 € de gain brut par semaine. Une fois la commission de la plateforme déduite, le revenu net tourne plutôt autour de 575 € par semaine.
Un propriétaire qui loue cinq semaines par an peut ainsi espérer environ 3 000 € de recettes brutes. Ceux qui poussent jusqu’à cent jours de location annuelle, sur un véhicule récent et bien équipé, dépassent parfois les 8 000 €.
Les charges qui réduisent votre marge réelle
Le revenu brut affiché sur les plateformes ne reflète jamais le gain réel. Plusieurs postes viennent grignoter la marge, certains liés à la simple détention du véhicule, d’autres à son activité locative.
Les frais fixes de détention à ne pas oublier
Assurance, entretien, stationnement et contrôles obligatoires forment un socle de charges incompressibles, que le camping-car soit loué ou non. L’assurance tous risques avec option gardiennage coûte entre 800 € et 1 500 € par an, tandis qu’une assurance classique se négocie plutôt entre 500 € et 1 200 €.
L’entretien mécanique courant représente entre 720 € et 1 440 € par an, auquel s’ajoute le contrôle d’humidité de la cellule, obligatoire pour conserver la garantie d’étanchéité et facturé environ 150 € par an. Comptez également entre 200 € et 800 € de frais de stationnement selon les aires utilisées.
Au global, le coût de détention annuel d’un camping-car oscille entre 3 000 € et 5 000 €, hors financement. C’est justement ce montant que la location cherche à compenser.
À ces charges fixes s’ajoute la commission prélevée par la plateforme sur chaque location, généralement comprise entre 12% et 20% du montant brut. Yescapa applique par exemple 16% de commission, tandis que Hapee prélève 12%, avec 3% supplémentaires si vous déléguez la gestion des états des lieux.
Le seuil de rentabilité selon vos objectifs
La question de la rentabilité dépend en réalité de ce que vous cherchez à financer. Couvrir les charges d’entretien courant ne demande pas le même nombre de semaines de location que rembourser un crédit ou amortir l’achat du véhicule.
Selon votre objectif, le nombre de semaines de location varie sensiblement :
- opération blanche pour l’entretien et l’assurance : 3 à 4 semaines par an
- couverture d’un financement moyen de 4 800 € par an : environ 8 semaines par an, sur la base de 650 € de revenu hebdomadaire
- rentabilisation d’un achat d’occasion sur 8 ans : environ 7 semaines par an
Un camping-cariste utilise en moyenne son véhicule 70 nuits par an à titre personnel, un repère qui donne une idée du temps réellement disponible pour la location sans sacrifier ses propres vacances.
Les coûts cachés à anticiper avant de vous lancer
Au-delà des charges classiques, la location expose le véhicule à une usure spécifique qui pèse directement sur la rentabilité à moyen terme. Deux postes concentrent l’essentiel du risque : le kilométrage et la mécanique sensible aux mauvaises manœuvres.
L’usure mécanique accélérée par la location
Un camping-car loué parcourt en moyenne 1 500 kilomètres par semaine, ce qui rapproche les échéances d’entretien et accélère la décote à la revente. Les erreurs de manœuvre des locataires novices concentrent également une bonne part des sinistres constatés.
L’embrayage est souvent la première victime : sa durée de vie peut être divisée par trois ou quatre à cause de manœuvres mal maîtrisées, et son remplacement coûte entre 1 200 € et 1 800 € sur un camping-car. Installer un traceur GPS, pour un budget de 100 € à 400 €, reste une précaution raisonnable pour limiter le risque de vol.
Ce que dit la fiscalité sur vos revenus de location
Tous les revenus issus de la location d’un camping-car entre particuliers doivent être déclarés, quel que soit leur montant. Ils relèvent du régime des bénéfices industriels et commerciaux, communément appelé BIC.
Si vos recettes annuelles restent sous 77 700 €, le régime micro-BIC s’applique automatiquement : un abattement forfaitaire de 50% réduit de moitié la base imposable. Au-delà de ce seuil, le régime réel devient obligatoire et permet en contrepartie de déduire l’ensemble des charges réelles.
Avant de mettre votre camping-car en location, comparez d’abord plusieurs plateformes sur leur taux de commission et leurs garanties d’assurance. Un écart de quelques points de commission peut représenter plusieurs centaines d’euros sur une saison complète.
