Consommation Dacia Sandero Stepway TCe 90 : les vrais chiffres
La Dacia Sandero Stepway TCe 90 affiche des tarifs d’achat compétitifs, mais c’est souvent à l’usage que les questions surgissent. Quelle consommation faut-il vraiment anticiper au quotidien, entre les données du constructeur et ce que remontent les propriétaires ? Voici ce qu’on sait réellement sur ce moteur, version 0.9 L comme 1.0 L.
| Usage | Boîte manuelle | Boîte CVT | Conduite sportive |
|---|---|---|---|
| Ville dense | 6,5 – 7,5 L/100 km | 7,5 – 9 L/100 km | > 9 L/100 km |
| Route nationale | 5,2 – 6 L/100 km | 6,5 – 7,5 L/100 km | 7 – 8 L/100 km |
| Autoroute 130 km/h | 6 – 7 L/100 km | 8 – 9 L/100 km | > 9 L/100 km |
| Usage mixte souple | 5,5 – 6,2 L/100 km | 7 – 8 L/100 km | 7,5 – 8,5 L/100 km |
| Officiel WLTP | 5,4 – 5,8 L/100 km | 6,2 – 6,6 L/100 km | — non applicable |
Données compilées à partir des retours d’utilisateurs (forums spécialisés, relevés terrain). Les valeurs WLTP sont celles communiquées par Dacia pour le TCe 90.
C’est justement ce qu’on va voir ensemble.

La consommation réelle de la Sandero Stepway TCe 90 : ce que remontent les utilisateurs
Dacia annonce officiellement une consommation mixte WLTP autour de 5,4 à 5,8 L/100 km selon les versions. En usage réel, c’est une autre histoire. Les retours d’utilisateurs convergent vers une fourchette de 5,5 à 6,5 L/100 km en conduite mixte souple, et peuvent grimper à 7,5 L/100 km voire au-delà sur autoroute à 130 km/h.
Ce petit 3 cylindres turbocompressé n’est pas conçu pour les longs trajets à haute vitesse. Sa zone de confort, c’est la route nationale et le périurbain, là où il tire pleinement profit de son turbo sans forcer à des régimes soutenus. Sur les trajets courts et urbains répétés, en revanche, la consommation peut s’emballer : certains propriétaires signalent des relevés proches de 8 L/100 km en ville dense, notamment en hiver avec des mises en température fréquentes.
Un point à ne pas négliger pour les véhicules d’occasion : sur les versions 0.9 TCe produites entre 2012 et 2015, une consommation d’huile anormale touche environ 15% des moteurs selon les remontées de forums spécialisés. Un manque d’huile non détecté nuit directement au rendement thermique et fait monter la consommation de carburant. Avant tout achat d’occasion dans cette tranche, vérifiez systématiquement le niveau entre deux vidanges.
Boîte manuelle ou CVT : quelle boite consomme le moins sur la Sandero Stepway TCe 90 ?
La réponse est sans ambiguïté : la boîte manuelle consomme nettement moins. L’écart n’est pas anecdotique.
La boîte CVT (transmission à variation continue), proposée en option, est régulièrement pointée du doigt par les utilisateurs pour sa gourmandise. Sur autoroute, une Sandero Stepway équipée de la CVT peut atteindre 8,7 L/100 km, contre environ 6,1 L/100 km pour la version manuelle dans des conditions similaires. L’explication est mécanique : la CVT a tendance à « mouliner » dès qu’on sollicite de la puissance, maintenant le moteur à un régime élevé pendant que la vitesse monte progressivement. C’est efficace pour la douceur de conduite, mais catastrophique pour la consommation.
Résultat : si votre priorité est de maîtriser vos dépenses en carburant, la boîte manuelle s’impose sans hésitation. La CVT reste une option intéressante pour un usage urbain très fluide, mais elle pénalise lourdement dès que vous prenez la route ou l’autoroute régulièrement.
Entretien moteur : ce qui fait grimper la consommation sans prévenir
Un moteur mal entretenu consomme plus. Sur le TCe 90, trois points méritent une attention particulière.
Les bougies d’allumage sont souvent sous-estimées. Sur ce 3 cylindres sensible aux vibrations, des bougies encrassées ou usées perturbent la combustion et font grimper la consommation. Le remplacement est conseillé tous les 60 000 km maximum, certains mécaniciens recommandant d’anticiper à 50 000 km sur les moteurs à forte sollicitation turbo.
Les injecteurs méritent également un suivi. Après 80 000 km, un encrassement progressif peut entraîner une perte de puissance et une compensation automatique par le conducteur, qui appuie davantage sur l’accélérateur sans s’en rendre compte. Un nettoyage ou un remplacement des injecteurs peut faire baisser la consommation de manière sensible sur les véhicules à fort kilométrage.
Enfin, si vous venez d’acheter un véhicule neuf ou sortant de révision complète, sachez que la consommation peut être temporairement élevée pendant la phase de rodage. Les premiers 8 000 à 10 000 km sont souvent au-dessus de la normale : c’est attendu, pas inquiétant.
Pneus, carburant et conduite : trois leviers pour descendre sous les 6 L/100 km
Ces trois paramètres, souvent négligés, ont un impact direct et mesurable sur la consommation.
La pression des pneus est le levier le plus simple à activer. Un pneu sous-gonflé augmente la résistance au roulement et pénalise la consommation. Sur la Stepway, dont la garde au sol plus haute et le profil moins aérodynamique que la Sandero standard accentuent déjà la sensibilité au vent, il est conseillé de respecter scrupuleusement les pressions constructeur, voire d’ajouter une légère surpression si vous roulez principalement sur autoroute. Retirez aussi les barres de toit ou coffres de toit inutilisés : ils créent une résistance aérodynamique permanente, même à 90 km/h.
Le choix du carburant influe également. Plusieurs utilisateurs rapportent une consommation légèrement inférieure avec du SP98 plutôt que du SP95-E10. Le SP95-E10, bien que compatible avec ce moteur, contient davantage d’éthanol, dont le pouvoir calorifique est inférieur à celui de l’essence pure. L’écart reste modeste, mais sur un plein complet et un usage régulier, il peut partiellement compenser le supplément de prix au litre.
Le style de conduite reste le facteur le plus déterminant. Une conduite anticipée, en maintenant des régimes modérés entre 1 800 et 2 500 tr/min, permet de stabiliser la consommation dans la fourchette basse des 5,5 à 6 L/100 km. Le mode Eco, en revanche, mérite d’être utilisé avec discernement : il limite l’action du turbo, ce qui peut forcer certains conducteurs à compenser en accélérant plus fort dans les montées ou les dépassements, avec un effet inverse à celui recherché.
Une dernière chose pratique : si vous constatez une consommation subitement en hausse sans changement d’usage, vérifiez en priorité la pression des pneus, l’état des bougies et le niveau d’huile. Ces trois vérifications prennent dix minutes et suffisent à identifier la majorité des dérives inexpliquées sur ce moteur.
