Amende à 120 alors que la route est limitée à 110 : que faire ?

Vous venez de recevoir un avis de contravention mentionnant 120 km/h sur une route à 110 ? Cette situation, très fréquente, mérite d’être décortiquée avant de payer ou de contester. Ce point change tout selon la manière dont la vitesse a été mesurée et retenue par les autorités.

amende 120 au lieu de 110

Pourquoi votre amende indique 120 km/h sur une route à 110

La vitesse affichée sur votre avis de contravention n’est pas forcément celle qui sera retenue contre vous. Entre la mesure brute du radar et le chiffre final utilisé pour calculer votre sanction, une marge technique s’applique systématiquement. C’est justement ce qu’on va voir ensemble.

La marge de tolérance retranchée par les radars

Les radars, qu’ils soient fixes ou embarqués dans un véhicule en mouvement, ne sont jamais totalement précis. Pour compenser cette incertitude technique, une marge d’erreur est déduite en faveur du conducteur avant que la vitesse ne soit officiellement retenue. Sur un radar fixe, cette marge est généralement de 5%, ce qui ramène une vitesse mesurée à 120 km/h à environ 114 km/h retenus. Cette nuance est essentielle : elle explique pourquoi l’écart entre ce que vous pensiez avoir fait et ce qui figure sur votre PV peut sembler flou.

Une limitation de vitesse mal identifiée ou temporaire

Autre explication possible : la limitation à 110 km/h n’est pas toujours permanente. Elle peut résulter d’une zone de travaux, de conditions météorologiques particulières ou d’un abaissement temporaire décidé par la préfecture, notamment en cas de pic de pollution. Un conducteur habitué à circuler sur cet axe peut légitimement ne pas avoir repéré le changement de panneau, surtout de nuit ou par mauvaise visibilité. Cela ne dispense pas du respect de la limitation, mais cela explique une partie des situations rencontrées par les lecteurs de road-lab.fr sur ce sujet.

Cette amende est-elle vraiment justifiée ?

Une fois la marge technique appliquée, l’excès de vitesse réellement retenu peut être minime. Dans l’exemple d’une mesure à 120 km/h sur une route à 110, la vitesse retenue tombe autour de 114 km/h, soit un dépassement de 4 km/h par rapport à la limite. Or depuis le 1er janvier 2024, les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h au-dessus de la limite autorisée ne donnent plus lieu à un retrait de point. Vous devrez tout de même régler l’amende, mais votre capital de points reste intact. Franchement, c’est une réforme qui change beaucoup de choses pour les petits dépassements de ce type, souvent vécus comme injustes par les conducteurs.

Reste la question du montant. Un excès de cette nature hors agglomération constitue une contravention de 3ème classe. L’amende forfaitaire s’élève à 68 euros, réduite à 45 euros en cas de paiement rapide dans les 15 jours suivant la réception, ou 30 jours si vous réglez en ligne. Passé un certain délai, elle peut grimper jusqu’à 180 euros en cas de majoration. Autant dire que le calendrier de paiement mérite d’être surveillé de près.

Contester ou payer : comment réagir face à cette amende

Payer rapidement présente un avantage financier évident, mais cette démarche vaut reconnaissance de l’infraction. Une fois le paiement effectué, il n’est plus possible de revenir en arrière ni de contester quoi que ce soit. Avant de régler quoi que ce soit dans la précipitation, il est donc utile de vérifier les éléments de votre dossier.

Vous pouvez notamment demander les clichés pris par le radar auprès de l’ANTAI si vous avez un doute sur la lisibilité de la plaque, sur l’identité du conducteur au moment des faits, ou sur le lieu exact de l’infraction. Cette vérification ne coûte rien et peut éviter un paiement à tort. Si vous estimez que l’infraction n’est pas fondée, ou que vous n’étiez pas au volant, vous disposez de 45 jours pour la contester directement en ligne. Une consignation d’un montant équivalent à l’amende est généralement demandée le temps de l’instruction, et elle vous sera restituée si votre contestation aboutit.

Une dernière chose : si vous décidez de payer, faites-le dans les délais impartis pour bénéficier de la minoration. Passé ce délai, la majoration s’applique automatiquement et sans négociation possible.